Deux départs, deux compagnons, et une partie qui reprend après plusieurs interruptions. Voici ce que je découvre avec Marcus puis Shag, belles trouvailles et galères comprises.
J’ai joué Marcus dans le client Dev, puis Shag dans le client local déjà compilé. Voici mes découvertes, surprises et frustrations, avec une curiosité peu compatible avec un record de vitesse.
Le départ
« Je garde la porte, pas ton doigt. »
Ma première rencontre avec Marcus commence par quelques tapotements sur le chevalier. Sa réponse donne le ton : « Je garde la porte, pas ton doigt. » Très bien. Nous avons déjà établi les limites de notre relation.
Je tâtonne un peu pour partir. Le double-clic ne me donne pas de réponse évidente ; une épée lumineuse au château attire davantage mon attention. Je clique, et repars avec une Lame de Braise et un Bouclier de la sentinelle. L’Histoire s’ouvre.
Première bonne surprise : le menu est déjà un petit lieu à visiter. Le cadeau du château ne reste pas dans le décor ; Marcus l’emporte avec lui.
Premier passage · Jour 1
Des bottes et une pierre
La Crique aux Premiers Pas · Le coffre du départ
À peine arrivé dans la Crique aux Premiers Pas, un coffre me tend les bras. Trois pièces : ma bourse passe de vingt-quatre à vingt-sept. Je retrouverai aussi dans ma fiche des Bottes de célérité, et ma réserve de marche passe de cinq à six. Ce petit supplément arrive avant même que je sache quelle distance m’attend.
Au Refuge du Compagnon, un cairn demande une pierre pour être réparé. Les blocs nécessaires sont tout près : je les ramasse, je répare, et Mista, un petit golem, rejoint Marcus. J’aime ce début très concret. Une chose cassée, une pierre à trouver, puis quelqu’un qui prend la route avec moi.
Le Refuge du Compagnon · Marcus est derrière le pilier
J’aurais aimé mieux voir notre rencontre. Un gros pilier occupe exactement la place de Marcus pendant le choix et la célébration : le compagnon arrive, mais la maçonnerie tient le premier rôle. C’est ma première frustration visuelle, au milieu d’un moment qui, lui, fonctionne.
Pour la suite, mon sens de l’orientation prend déjà quelques libertés. Je suis un panneau décoratif vers le nord avant de comprendre que la flèche de l’objectif pointe derrière moi. Pas encore de combat ; pour l’instant, mon premier adversaire est ma lecture du paysage.
La première arche · Jour 2
De l’autre côté du casque
Une vue rapprochée que je n’avais pas demandée
Il me faut encore un détour autour de la grande arche. Deux fois, à son approche, la caméra se rapproche brusquement jusqu’à ne me montrer presque que le casque de Marcus vu du dessus. Je n’ai pas demandé ce gros plan. Je vois très bien les bras de Mista ; je cherchais surtout où aller.
Je récupère la vue en faisant tourner la caméra. Un changement de vue m’aide la première fois, moins la seconde. Cela ne m’empêche pas d’avancer, mais je commence à distinguer deux apprentissages : trouver ma route, et retrouver le paysage quand le cadrage me le retire.
Au deuxième jour, enfin : « Victoire ! », puis « De l’autre côté ». Le passage m’emporte vers le Sentier de la Cascade. Aucun combat dans cette première traversée : une rencontre, de l’équipement et quelques détours ont suffi.
Deuxième passage · Jour 1
Cette fois, nous traversons ensemble
Le compteur repart au premier jour. Marcus a gardé ses vingt-sept pièces, ses trente-deux points de santé, ses bottes, ses armes et surtout Mista. L’objectif est très clair : traverser le pont avec mon compagnon, en suivant la route jusqu’au Guetteur Oublié. Le jeu précise que Mista prendra part au combat.
Une écurie se dessine près du départ. J’y fais un tour, et le cadrage se resserre de nouveau. Cette fois, tourner la caméra, reculer et changer de vue ne me rendent pas le paysage. Je n’achète rien à cette première tentative ; je n’ai toujours pas combattu. Je retourne au menu pour tenter de reprendre la partie, puis recharge la page. Le record de vitesse est assez loin de mes préoccupations.
Ce détour forcé me fait au moins ouvrir la fiche de Marcus. Je découvre les quatre types de troupes de sa compagnie, et surtout un détail de sa biographie : une blessure lui arrive avant sa bataille. Le bandage est déjà là, sur un bras qui n’a pas encore été entaillé. Cette idée me plaît beaucoup. Le temps étrange du monde tient soudain dans un geste aussi familier qu’un pansement.
L’écurie · Une monture pour reprendre la route
Continuer me rend bien ma partie. Mes pièces, ma santé, mes bottes, mes armes et Mista sont toujours là. Le cadrage est redevenu utilisable. Dans ma fenêtre étroite, j’avais aussi cru que l’Histoire avait disparu du menu : il fallait simplement faire glisser le ruban des cartes. Une découverte peu évidente pour moi, pas une sauvegarde perdue.
De retour à l’écurie, un vrai clic sur la façade ouvre enfin le choix des montures. Un cheval de voyage gratuit, et un destrier à quarante pièces annoncé pour un prochain chapitre. Ma bourse n’a même pas besoin de trancher. Je prends le cheval, prêt à rejoindre le pont.
Marcus · Le Sentier de la Cascade · Jour 2
Le cheval est prêt. La caméra, moins.
Je pensais repartir vers le pont. Un changement de vue me place à l’intérieur du toit de l’écurie. Revenir à la vue automatique, rapprocher ou éloigner la caméra : rien ne me rend une vue utilisable. J’attends l’aube, puis reprends encore la partie.
Le cheval et le deuxième jour sont bien conservés. Le toit aussi. Cette fois, recharger n’a pas suffi. La sauvegarde a tenu ; c’est ma possibilité de voir et de diriger Marcus qui me manque.
Je laisse donc cette partie intacte, au Sentier de la Cascade, et j’en ouvre une autre. Ce sera un autre départ, pas la continuation miraculeuse de Marcus. J’ai toujours envie de découvrir les combats et la suite de l’Histoire ; pour l’instant, la caméra m’a davantage résisté que ses gardiens.
Deuxième partie · Un nouveau héros
Shag prend le relais
Cette nouvelle partie s’ouvre en anglais. Je choisis Shag, présenté ici sous le nom de Thorgrim Stoneheart. Anna porte déjà le signet d’une aventure commencée ; je la laisse à son propriétaire. Pour Shag, la carte propose bien de partir, pas de continuer une ancienne route.
Je sais maintenant où trouver le cadeau du château. J’en reviens avec un bouclier, Winter Guard. Sa biographie me donne une autre petite prise sur ce monde : un trône se souvient de son ancêtre et le fait revenir lorsqu’une journée est effacée. Après le bandage de Marcus, voilà encore un détail du temps qui se raconte à travers quelqu’un.
Ce sera donc une autre traversée de la Crique, avec un autre héros et son propre équipement. Shag ouvre sa propre Histoire.
Shag retrouve le refuge · Un yéti rejoint la route
La réparation demande cette fois du bois. Un bois dépensé, et Yeti Brute rejoint Shag. Après la petite lumière de Mista, je voyage avec une silhouette blanche et hirsute. Le compagnon change l’allure du départ.
Mais un message coupe cette rencontre : la progression n’a pas pu être sauvegardée sur cet appareil. Cette fois, ce n’est pas un doute sur le menu. Une vérification de l’ordinateur confirme un manque d’espace libre. C’est un problème de la machine sur laquelle je joue, à distinguer des difficultés de caméra.
La partie de Shag fonctionne encore dans sa fenêtre ouverte. Je continue tant qu’elle me laisse avancer, en sachant que cette nouvelle progression n’est pas assurée d’être conservée.
Shag · À l’arche de la Crique
« The world refuses to be read »
L’écran qui a interrompu le voyage de Shag
Shag atteint l’arche. Je tente de passer, et le monde disparaît derrière cette phrase : « The world refuses to be read ». Le bouton qui promet de me rendre mon héros me ramène au même écran. La suite ne parvient pas à s’ouvrir.
Des éléments nécessaires au prochain lieu n’ont pas pu être chargés. Je ne sais pas si cette difficulté est liée au manque d’espace constaté plus tôt. Je ne vais pas lui inventer une cause ; pour moi, à cet instant, le résultat est une porte fermée.
Shag · Deuxième passage · Jour 1
Un dernier clic, puis le Sentier
Je croyais mon vol terminé. Puis de l’espace libre redevient disponible sur l’ordinateur, sans que j’aie supprimé un fichier. Je tente une dernière fois « Return to my hero » : cette fois, le Sentier de la Cascade s’ouvre.
Shag est bien au deuxième passage, au premier jour, avec vingt-sept pièces, trente-huit points de santé et sa réserve de marche complète. Le bandeau d’échec de sauvegarde n’est plus à l’écran. Cela ne prouve pas encore que tout est conservé sur disque ; cela me rend au moins une partie dans laquelle avancer.
Je ne peux pas conclure que le manque d’espace expliquait à lui seul le refus précédent. Je constate le rebond : Shag a franchi la Crique. Je reprends la route vers mon premier combat.
Ce que j’emporte pour la suite
Marcus est arrivé au deuxième passage, au jour 2, avec Mista et son cheval. J’ai vérifié que sa partie pouvait être reprise avec eux. Shag a lui aussi rejoint le deuxième passage, après une ouverture d’abord impossible ; la conservation de sa progression reste à vérifier.
J’ai aimé trouver un cadeau dans un menu déjà habité, réparer quelque chose pour gagner un compagnon, puis découvrir que les deux héros ne partaient pas avec la même silhouette à leurs côtés. Et je garde ce bandage sur une blessure encore à venir : un petit morceau de biographie qui donne envie de comprendre le monde.
Ma frustration vient surtout des moments où je n’ai plus eu prise sur la partie : une rencontre cachée par un pilier, la route remplacée par un casque puis un toit, enfin la suite qui a refusé de s’ouvrir. Ces interruptions ont pris beaucoup de place dans l’aventure que je cherchais.
Je n’ai encore joué aucun combat. Je n’ai donc aucun verdict sur l’équilibrage. Le carnet reste ouvert : cette fois, j’ai de nouveau un héros et une route devant moi.